51icyx77dol-_sx303_bo1204203200_

Les highlanders ont été écrasés par les armées ennemies. Depuis trop longtemps aliénés par le cruel Baron Gottasson, ils ont perdu toute fierté et toute confiance. Leur unique espoir repose sur Sigarni, une jeune fille farouche et obstinée. Descendante du plus puissant roi des Highlands, elle est la seule capable de mobiliser son peuple et de briser enfin le joug des tyrans. Il est temps pour Sigarni de faire face à son destin et de devenir la Reine Faucon…

Ça faisait très longtemps que je n’avais pas lu de Gemmell. Principalement parce qu’il ne me restait que 4 romans que je n’avais jamais lu, et qu’ensuite, je n’aurais plus jamais la chance d’en lire des nouveaux…
Mais bon, après bien trois ou quatre ans à dormir sur mes étagères pour cette raison, j’ai finalement succombé au plaisir de replonger dans ses univers.

Gemmell est un auteur un peu particulier, pour moi. Il a vraiment représenté mon entrée dans la fantasy, au point que je me suis incapable de me rappeler si j’ai lu Le Seigneur des Anneaux avant ou après (et pourtant, ce fut la révélation de mon adolescence !).
Ce n’est pas un auteur au style raffiné, aux intrigues complexes et aux personnages torturés (quoi que…) Mais Gemmell avait cette capacité d’insuffler quelque chose à ce qu’il écrivait : de l’épique, de la grandeur, de l’inspiration, des idéaux… Quand je lis Gemmell, j’ai l’impression de plonger dans les grandes légendes des temps jadis, j’ai l’impression de côtoyer ces héros, et j’ai envie que ce soit vrai. Parce que autant on est effectivement sur le même registre que les épopées antiques, autant les personnages sont profondément humains, avec leurs défauts, et c’est ça qui fait que le tout sonne aussi juste.

Mais revenons à ce roman en particulier. Il s’agit du premier tome d’un diptyque, sur le personnage de Sigarni, la Reine Faucon.
Son pays, les Highlands, s’est retrouvé envahit depuis quelques décennies par un ennemi, les Outlanders, dont l’empire s’étend sans cesse davantage, car c’est un peuple guerrier qui veut tout conquérir. A ce stade, et quand vous aurez en plus appris que la bataille décisive que les Highlanders ont perdu s’appelait « Culden Moor », vous aurez quand même compris que, comme dans Rigante, l’ami Gemmell nous refait un pan de l’histoire écossaise/britannique. Mais c’est fun, il faut bien le dire ^^

Nous retrouvons donc Sigarni et ses amis dans leur petit village des Highlands, sous le joug Outlander, tâchant de vivre aussi dignement que possible, sans trop irriter les conquérants. Ils attendent aussi le retour de leur ancien roi, censé venir les aider au moment critique ; moment qui d’ailleurs semble proche si l’on en croit les rumeurs de guerre qui courent.
Mais lorsque lors d’un tournoi de fauconnerie, Sigarni décide d’engager son animal, tout s’emballe : la jeune femme est emprisonnée puis violée par ses ennemis, et après sa fuite, ne rêve que d’une chose : tous les tuer.
La rébellion se met en place.

Le scénario est somme toute assez classique pour un Gemmell, mais comme toujours, ça fonctionne bien.
L’histoire commence gentiment pour devenir petit à petit de plus en plus prenante, les personnages montent en puissance, mais peut-être moins que dans d’autres romans (à l’exception de l’héroïne), et ça finit en grosse baston généralisée, avec des combats et des tactiques tels que savait les faire cet auteur, c’est-à-dire géniaux.

Il y a quand même deux points qui m’ont chagrinée, et qui m’ont fait dire sur toute la première partie (avant la mise en place de la rébellion), qu’il nous prenait un peu pour des quiches…
Tout d’abord, le côté vraiment Mary Sue de Signarni. Elle est magnifique, tout le monde est à ses pieds, on ne parle que d’elle, elle réussit tout, elle est sauvage et indomptable… Bref, outre que ça sent le gros fantasme masculin, elle est franchement chiante. Surtout avec ses airs supérieurs. Heureusement que ça s’arrange par la suite !
Deuxième point un peu énervant, la prophétie. Bon, je ne gueulerai pas sur ce principe, car Gemmell en met souvent, et même si c’est cliché, au final, ça passe mieux que dans d’autres bouquins. Mais bon, le coup de nous faire pendant presque 100 pages « oh, je vois un grand leader venir, mais je ne vois pas son identité car il reste caché dans les ombres… » Franchement, vu le titre et la présentation de Sigarni, s’il restait le moindre filament de doute, il a disparu très vite ! Du coup, cet aspect a vraiment l’air d’être étiré au maximum pour faire un grand « ooooooooh » lors de la scène (très visuelle, certes) de la désignation du grand chef.

Sinon, niveau personnages, comme d’habitude, c’est le gros point fort du roman.
En dehors de l’héroïne toujours, ils sont vraiment tous attachants, et même les personnages ennemis sont intéressants. Le baron est peut-être un peu trop caricatural, mais il a ce côté masochiste qui fait que bon, ça passe. En revanche, les deux lieutenants qui passent un peu sous focus à différents moments sont vraiment intéressants.
Fell le forestier, l’amoureux « attitré » de Sigarni est plutôt touchant dans sa relation avec elle, ainsi que Ballistar le nain. Mais au final, je crois que ma préférence va à Gwalchmai, celui qui possède le Talent dans le clan, un vieil homme un peu fou et très alcoolisé, et qui possède beaucoup d’humour.
Quant à Sigarni, une fois passée sa période légèrement énervante, elle devient plutôt sympa. Elle ne quitte jamais son côté Mary Sue, mais il est atténué par son changement d’attitude : elle devient plus réfléchie, comprend que la vie n’est pas aussi simple que chasser/baiser/tuer celui qui l’offense, et du coup, elle prend un peu plus de complexité qui, je pense, sera intéressante à voir dans la suite.

Et puis bien sûr, comme on est dans un Gemmell, il ne faut pas oublier un peu de magie noire et de type shamanique (bonjour les Nadirs !), ainsi que du portail dimensionnel et un voyage dans un autre monde ! (J’avoue que ce passage était vraiment sympa, ceci dit, même si je m’attendais à un autre dénouement).

Au final, ben ça reste un bon Gemmell. Pas son meilleur, (dur de battre Légende, Le Roi sur le seuil ou L’Etoile du matin), mais vous passerez malgré tout un bon moment, pour peu que ses autres romans vous fassent voyager tout autant que moi.

Publicités